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Le Chili investit José Antonio Kast, président le plus à droite depuis la dictature de Pinochet
information fournie par AFP 11/03/2026 à 22:29

Le nouveau président du Chili, José Antonio Kast, après son investiture, le 11 mars 2026 à Valparaiso ( AFP / Javier TORRES )

Le nouveau président du Chili, José Antonio Kast, après son investiture, le 11 mars 2026 à Valparaiso ( AFP / Javier TORRES )

L'avocat ultraconservateur José Antonio Kast a pris mercredi la présidence du Chili, devenant le chef d'Etat le plus à droite du pays depuis la dictature militaire d'Augusto Pinochet (1973-1990).

"Oui, je le jure", a déclaré M. Kast , 60 ans, lors d'une cérémonie devant le Parlement réuni en assemblée plénière à Valparaiso, à 110 km à l'ouest de Santiago. Le dirigeant d'extrême droite succède au président de gauche Gabriel Boric, au pouvoir ces quatre dernières années.

"Les choses vont changer", a brièvement dit M. Kast à la presse avant son investiture.

Plusieurs dirigeants de la région ont assisté à sa prestation de serment, parmi lesquels Javier Milei (Argentine), Rodrigo Paz (Bolivie), Daniel Noboa (Equateur), le sous-secrétaire d'Etat américain Christopher Landau, et la lauréate du prix Nobel de la paix, la Vénézuélienne Maria Corina Machado.

Devant un Parlement où la droite est majoritaire, le président, admirateur de Pinochet a été acclamé par des "Vive le Chili!" lancés par ses partisans.

L'arrivée au pouvoir de M. Kast inscrit le Chili dans une vague de gouvernements conservateurs en Amérique latine et offre un nouvel allié dans la région aux Etats-Unis de Donald Trump.

Ancien député, membre d'un courant catholique conservateur et père de neuf enfants, José Antonio Kast représente "une droite conservatrice comme on n'en a pas connu depuis le retour à la démocratie", affirme Rodrigo Arellano, analyste politique à l'Université privée du Développement de Santiago.

Il s'était largement imposé lors de la présidentielle de décembre face à la communiste modérée Jeannette Jara, sur la promesse d'éradiquer la délinquance et de lutter contre l'immigration irrégulière, des thèmes chers aux Chiliens.

"J'ai bon espoir avec Kast. Cela fait de nombreuses années que nous subissons beaucoup de vandalisme et de délinquance au Chili", a déclaré mercredi à l'AFP José Miguel Uriona, un commerçant de 65 ans de Valparaiso.

Pour l'étudiante de 38 ans Ingrid Pino, le Chili entre dans "une nouvelle ère". Elle espère que "le pays se redresse économiquement et que la délinquance puisse enfin disparaître pour pouvoir vivre tranquilles".

Même si les crimes violents ont augmenté au cours de la dernière décennie, le Chili reste l'un des pays les plus sûrs d'Amérique latine avec un taux d'homicides en 2025 de 5,4 pour 100.000 habitants.

- "Urgence nationale" -

Le nouveau président chilien José Antonio Kast ceint de l'écharpe présidentielle, et son épouse Maria Pia Adriasola au Parlement à Valparaiso, au Chili, le 11 mars 2026 ( AFP / RODRIGO ARANGUA )

Le nouveau président chilien José Antonio Kast ceint de l'écharpe présidentielle, et son épouse Maria Pia Adriasola au Parlement à Valparaiso, au Chili, le 11 mars 2026 ( AFP / RODRIGO ARANGUA )

Martina Vivar, une étudiante de 20 ans en ergothérapie, a déclaré avoir ressenti de la "rage" face à la victoire de la "campagne de peur" de Kast, "comme sous la dictature".

Le nouveau président assure que son gouvernement fera face à "une urgence nationale". Il promet d'agir rapidement pour juguler la hausse des meurtres, des enlèvements et de l'extorsion.

La porte-parole du nouveau gouvernement, Mara Sedini, a déclaré à l'AFP que ce dernier a pour mission de "résoudre des crises importantes et prioritaires pour les Chiliens", centrées sur la relance de la croissance économique et la "sécurité migratoire".

Mais "les grands problèmes qui affectent le pays n'ont pas de solution rapide. Kast devra trouver le moyen d'empêcher que les attentes ne se retournent contre lui", prévient l'analyste Rodrigo Arellano.

Les 24 ministres du gouvernement Kast ont prêté serment. Parmi eux figurent deux ex-avocats de l'ancien dictateur Pinochet, mort en 2006 alors qu'il était accusé de graves violations des droits humains, et une militante anti-avortement qui prendra la tête du ministère de la Femme.

Ces nominations avaient suscité l'indignation de l'opposition. Bien que la droite soit en position de force au Parlement, elle nécessite quelques voix du centre gauche pour mettre en œuvre ses promesses électorales.

Il s'agit d'une équipe "avec très peu d'expérience en négociation et en gestion politique" qui "peut lui causer des problèmes avec le Parlement", commente le politologue Alejandro Olivares, analyste à l'Université du Chili.

José Antonio Kast a mis fin la semaine dernière à la longue tradition de passation cordiale du pouvoir, en déclarant le processus de transition clos, donnant le ton pour le début de sa présidence.

Il accusait son prédécesseur d'avoir caché des informations sur un projet de câble sous-marin de fibre optique censé relier le pays à la Chine, vivement critiqué par les Etats-Unis pour des raisons de sécurité régionale.

M. Kast avait pourtant évité les polémiques durant sa campagne, éludant les questions sur son admiration connue pour Pinochet et sur son rejet catégorique de l'avortement.

Il n'a pas épargné en revanche les migrants sans papiers vivant au Chili, en majorité des Vénézuéliens.

Le nouveau président n'a pas donné de détails sur la manière dont il expulserait près de 340.000 personnes sans papiers, ni sur sa promesse de réduire les dépenses publiques de 6 milliards de dollars sans supprimer les aides sociales.

1 commentaire

  • 17:45

    comme quoi les gens cons il y a partout, omnibuler par la sécurité juste parce ils sont intoxiquer par les médias et les partis d'extreme droite .chili ( taux d'homicides en 2025 de 5,4 pour 100.000 habitants. , usa c'est deux fois plus..)


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